Capt. C.K. Fraser OC, E Coy 2e SS Bn. RCRI, Guerre d’Afrique du Sud, 1900, Raconte Paardeberg.

DU 53e BATAILLON…Commandant de la compagnie E du Premier Contingent à son frère, Le Major H.L. Fraser de Sherbrooke.

Paardeberg Drift, 20 février 1900. — Je suppose que vous avez entendu parler avant aujourd’hui de notre bataille de dimanche, le 18. Nos blessés seront dirigés sur Kimberley, cette après-midi, et je n’ai que le temps de griffonner ce billet, que j’enverrai mettre à la malle, à Kimberley. Nous avons eu une chaude journée dimanche, mais, Dieu merci, je suis épargné. Nos pertes ont été très fortes, vingt morts et soixante-trois blessés. De ma compagnie, seulement trois ont été trouvés morts et huit blessés. J e vous écrirai de nouveau aussitôt que possible.

Paardeberg Drift, 23 février 1900. De telles choses sont survenues depuis dix jours que je ne sais pas par où commencer. Nous quittâmes Belmont, lundi, le 12, et bivouaquâmes à Gras Pan, ce soir-là, quittant le lendemain, à quatre heures du matin. Nous avons marché douze milles et campé le reste du jour, à Ram Dam, sur la rivière Riet. Ce fut une très pénible marche, sous un soleil brûlant; bon nombre d’entre nous tombèrent, frappés d’insolation, mais j’ai résisté très bien à la chaleur. Nous sommes restés là, ce soir-là, pour repartir le lendemain matin, à quatre heures, avec toute la 19e brigade, sous le commandement du brigadier-général Smith-Dorien, la brigade navale, une batterie de mortiers et de cavalerie. Nous, les Canadiens, marchions sur la gauche des deux gros canons de marine. Notre halte suivante fut à Waterval, distant de douze milles, que nous quittions le lendemain matin, à trois heures, pour marcher sur Wegdrai. Ce fut une marche plaisante, le temps étant frais. A Wegdrai, nous avons opéré notre jonction avec la 9e division, sous le commandement du général Colville, et atteignions Jacobsdal le même soir, à neuf heures, pour faire une marche de quatorze milles, à Klip Drift, où nous restâmes tout le jour pour repartir encore le soir pour faire une autre course de vingt milles. Ce fut la plus longue et la plus harassante marche que nous ayons faite, et nous étions presque tous sur les dents. Nous nous étions à peine reposés un instant que nous fûmes appelés sous les armes. Nous avions à traverser la rivière, ayant de l’eau jusqu’aux épaules et nous former pour l’attaque sur la rive nord de la Modder River.

Capt. C.K. Fraser OC, E Coy 2n Bn. SS RCRI, Paardeberg Drift Guerre d’Afrique du Sud, 1900.

Les compagnies A, B et C, formèrent la ligne de bataille, et les compagnies D et E, la réserve, en seconde ligne. Le branle-bas a commencé vers neuf heures et nous sommes restés couchés dans le soleil, toute la matinée. Nous avons reçu l’ordre dans la ligne de bataille. Les balles sifflaient tout autour de nous et un de mes hommes fut frappé à l’épaule. Je ne peux vous donner une description exacte du feu terrible auquel nous étions exposés. Afin d’atteindre la première ligne, nous devions passer par-dessus le sommet d’un coteau, et lorsque nous l’eûmes atteint, nous avons couru cent verges et nous nous sommes couchés. Je trouvai le pauvre capitaine Arnold frappé à la tête. Un des deux ambulanciers, en le transportant, fut aussi frappé, car Arnold avait été blessé quelque temps avant notre arrivée, sur le flanc de la colline. Je le fis transporter par deux de mes hommes. Ma position suivante fut à huit cents verges des Boers, derrière un bouquet d’arbres, et la fusillade, ici, était simplement terrifiante. Deux de mes hommes furent frappés. Je rencontrai Hodgins et quelques officiers, et ce fut alors que nous chargeâmes. Les Boers étaient retranchés le long de la rivière, derrière de petits buissons et il était impossible de les voir. Ce fut une erreur d’essayer de prendre leur position d’assaut, car elle était inexpugnable. Les Gordons étaient sur notre droite, les Cornwalls sur notre gauche. Un pauvre garçon reçut une balle dans le pied et je fus obligé de couper sa guêtre, de le déchausser et de bander la plaie du mieux que je pus. Il souffrait horriblement et comme tous les brancards étaient occupés pour transporter les blessés, ce ne fut qu’après deux heures de recherches que je pus en trouver un pour le transporter.

Nous avons tiré, après notre charge, jusqu’à ce qu’il fît nuit et nous nous retirâmes. Les pertes des Boers doivent avoir été très fortes, car notre artillerie a tiré dans leurs retranchements, tout le jour durant. Ils se retirèrent pour se retrancher une couple de milles plus haut, dans la rivière. Vous dirai-je notre fatigue quand l’ordre fut donné de se retirer pour bivouaquer? Les blessés furent transportés durant la nuit, et le lendemain matin, nous sommes allés enterrer nos camarades. Ce fut une scène affreusement poignante.

Nos blessés sont tous très bien et ont été dirigés hier vers Modder River, dans des wagons. Ce pauvre Arnold est mort hier, à l’hôpital. Nous avons maintenant une armée de quarante mille hommes, et Roberts, Kitchener et French sont ici. Cronje tient toujours, et on apprend que des renforts sont en route pour le secourir. Je crois que le plan de Roberts est d’attirer autant d’ennemis que possible de Ladysmith et d’ailleurs. Je ne crois pas que la guerre dure longtemps, quand nous aurons fini avec Cronje. Notre brigadier nous a félicités le lendemain de la bataille, disant qu’il était fier de nous et que notre charge a été parfaite.

 

Thaba N’Chu, 2 Mai. — Quand nous avons quitté Bloemfontein, il y a dix jours, nous pensions être absents trois ou quatre jours seulement; mais nous sommes restés jusqu’ici à la poursuite de l’ennemi, qui fait en sorte de toujours nous échapper. Nous avons eu plusieurs escarmouches ces jours derniers. Mercredi, le 25 avril, nous en sommes venus aux mains avec un petit corps de Boers retranchés sur une chaîne de kopjes ou collines. Notre régiment a attaqué de front. Les compagnies G et H étaient au premier rang, E et F au deuxième, C et D au troisième et A et B au quatrième.

Les autres régiments ont dirigé leur attaque contre la gauche de l’ennemi. Le feu de l’ennemi a été bien nourri pendant quelques minutes, mais n’a pas duré, et nous n’avons perdu que peu de monde: un soldat de la compagnie H tué, le colonel Otter et deux soldats blessés. Ma compagnie est sortie indemne de l’engagement.

Le 28 avril a été pour nous une journée d’épreuve. Nous avons levé le camp à quatre heures du matin et, après une marché de douze milles, sommes arrivés à Eden Kop, où l’ennemi nous a tiré dessus toute la journée, sans trop d’effet, cependant. Vers cinq heures de l’après-midi, nous avons reçu l’ordre d’escalader le Kop, sur un flanc duquel se trouvaient les Boers. La colline est haute d’au moins quinze cents pieds et ce n’était pas chose facile que d’arriver au sommet. Une fois rendus là nous avons presque immédiatement reçu l’ordre de revenir sur nos pas, ce que nous avons fait. Il commençait déjà à faire nuit, et nous sommes retournés à Thaba N’Chu à la faveur des ténèbres. Ayant perdu notre route, nous avons fait un détour inutile de quatre ou cinq milles, par une route affreuse; la fatigue nous avait gagné tous les membres quand nous sommes arrivés à Thaba N’Chu, à onze heures du soir. Le lendemain, un dimanche, nous nous sommes reposés toute la journée, oubliant les fatigues et les tribulations de la veille. Nous avons de nouveau levé le camp lundi matin et sommes maintenant rendus à huit milles de Thaba N’Chu, dans la direction de Wynberg.

Lundi après-midi et mardi matin nous avons livré un combat assez sérieux, qui s’est terminé par la fuite de l’ennemi. Les Boers occupaient une colline escarpée, à notre gauche, et une autre position en face de nos lignes. Us avaient cinq canons. Notre compagnie E a servi d’escorte à une batterie d’artillerie jusqu’à trois heures de l’après-midi, alors que nous avons reçu l’ordre de nous porter, avec le reste du régiment, à l’appui des Gordons, qui avaient chargé l’ennemi sur la gauche.

Nous avons dû parcourir un mille de terrain plat avant d’arriver au Kop, et l’ennemi, tout le temps qu’a duré la marche, a fait pleuvoir sur nous des balles et des boulets. Chose étrange, nous n’avons perdu que quelques hommes. Un pauvre gars de la compagnie D, fils du colonel Cotton, d’Ottawa, a été tué. Nous avons passé la nuit sur la colline où nous avons failli geler. Les Boers occupaient le versant droit, et nous le gauche. Nous nous attendions à un bombardement pour le matin suivant, mais heureusement la plupart des Boers décampèrent durant la nuit, et, au matin, il nous fut facile de déloger ceux qui restaient. Nous fîmes plusieurs prisonniers. L’ennemi a dû subir des pertes considérables, car nous avons trouvé sur nos pas plusieurs cadavres, y compris celui du commandant boer. * C. K. FRASER, Capitaine.

 

 

Spañard

 

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